Les services à domicile, une option qui mérite attention
UASIMENT TOUTES les compagnies d'assurances incluent aujourd'hui dans leurs contrats dépendance un volet de services à domicile. En cas de dépendance partielle, il s'agit avant tout d'une aide ménagère, de livraisons de repas, ou d'une personne qui passe quotidiennement quelques heures avec eux, pour les aider à faire leurs courses ou effectuer leurs démarches administratives.
Trois solutions s'offrent aux seniors. La première consiste à employer en direct une seule et même personne, dont la tâche sera définie dans un contrat de travail. Avantage : cette démarche fidélise l'employé. Inconvénient : outre le fait qu'il est très difficile de dénicher la perle rare, il faut trouver quelqu'un d'autre pour la remplacer pendant ses vacances. A condition que le contrat le prévoie, la compagnie d'assurances fournit des informations pratiques sur l'embauche en direct et accompagne les seniors dans leurs démarches administratives.
Deuxième possibilité : passer par une association, qui met en relation un employé - dont les qualifications ont été vérifiées - et un employeur. Souvent, ladite association effectue quelques démarches administratives (comme la rédaction d'un contrat de travail), donne des conseils pour l'émission des fiches de paie, informe sur le règlement des prestations et la déduction fiscale attachée aux services à la personne... Certaines compagnies d'assurances fournissent directement des listes d'associations agréées afin de faciliter le choix des seniors.
Troisième et dernière option : utiliser les services d'un prestataire, superstructure qui se charge de toutes les démarches administratives, envoie un employé à domicile chez le senior et se fait payer chaque mois pour ses services. Attention, dans ce cas, la facture est de 20 à 30 % plus élevée, mais le senior est assuré d'avoir un suivi toute l'année, même pendant les vacances de son employé régulier.
Conditions générales
Bon à savoir : tous les contrats ne se valent pas, et selon les compagnies, les prestations sont plus ou moins complètes. Pour connaître les différences, il faut examiner à la loupe les conditions générales, qui précisent si l'assureur se contente d'une " mise en relation ", c'est-à-dire qu'il trouve sur demande de l'assuré un prestataire pour une tâche précise, ou s'il offre une " prise en charge ", ce qui signifie qu'il règle en plus les factures du prestataire.
Si ce n'est pas le cas, la plupart des contrats dépendance, qui versent une rente, comportent une option qui permet au bénéficiaire d'en transformer une partie en services à la personne. Cela évite des démarches administratives pour payer son employé à domicile, puisque dans ce cas, l'assureur paie le service.
Enfin, les contrats les plus récents proposent des prestations uniquement destinées aux proches. " Il s'agit de garanties "aide aux aidants", explique Anne Chatain, directrice de l'assurance-vie et de la prévoyance individuelle chez Groupama. Très souvent, ce sont ses proches qui soutiennent la personne dépendante et, lorsque la perte d'autonomie s'accroît, ils ont besoin de conseils, ou tout simplement d'une aide qui les soulage au quotidien. "
Marie Pellefigue
© Le Monde
mardi 12 janvier 2010
A quel âge est-il conseillé de souscrire ?
A quel âge est-il conseillé de souscrire ?
A DÉPENDANCE est l'un des derniers tabous de notre société. Difficile d'imaginer que, un jour, on ne sera plus capable de s'habiller ou de se nourrir seul. Or, souscrire une assurance dépendance revient forcément à envisager cette situation. Dans la pratique, la plupart des particuliers décidant de s'assurer contre ce risque le font au tournant de la soixantaine, lorsqu'ils sont confrontés à une situation similaire dans leur entourage familial : organiser l'entrée de ses parents dans un établissement spécialisé est l'occasion de réfléchir à ses propres besoins dans quinze, vingt ou vingt-cinq ans. Pourtant, plus l'assuré est jeune, plus faible sera sa cotisation. Chez Agipi, une personne de 50 ans verse une cotisation inférieure de 30 % à celle d'une personne de 65 ans pour assurer le même niveau de rente en cas de dépendance. Par ailleurs, il n'est généralement plus possible de souscrire ce type d'assurance après 75 ans. " Il est préférable de souscrire lorsqu'on est jeune, et en bonne santé, car la cotisation sera inférieure ", conseille Claude Fath, le président fondateur de l'association Agipi, qui a mis en place un système original : il est possible de verser l'ensemble des cotisations à son assurance dépendance sur une période limitée dans le temps.
Cela permet aux particuliers de souscrire à 50 ans, lorsqu'ils sont encore actifs, pour une durée de quinze ans, par exemple. Leur cotisation mensuelle sera un peu plus élevée, mais elle sera facilement absorbée, car ils sont encore en activité. Une fois à la retraite, ils restent assurés mais n'ont plus besoin de cotiser.
A. La.
© Le M
A DÉPENDANCE est l'un des derniers tabous de notre société. Difficile d'imaginer que, un jour, on ne sera plus capable de s'habiller ou de se nourrir seul. Or, souscrire une assurance dépendance revient forcément à envisager cette situation. Dans la pratique, la plupart des particuliers décidant de s'assurer contre ce risque le font au tournant de la soixantaine, lorsqu'ils sont confrontés à une situation similaire dans leur entourage familial : organiser l'entrée de ses parents dans un établissement spécialisé est l'occasion de réfléchir à ses propres besoins dans quinze, vingt ou vingt-cinq ans. Pourtant, plus l'assuré est jeune, plus faible sera sa cotisation. Chez Agipi, une personne de 50 ans verse une cotisation inférieure de 30 % à celle d'une personne de 65 ans pour assurer le même niveau de rente en cas de dépendance. Par ailleurs, il n'est généralement plus possible de souscrire ce type d'assurance après 75 ans. " Il est préférable de souscrire lorsqu'on est jeune, et en bonne santé, car la cotisation sera inférieure ", conseille Claude Fath, le président fondateur de l'association Agipi, qui a mis en place un système original : il est possible de verser l'ensemble des cotisations à son assurance dépendance sur une période limitée dans le temps.
Cela permet aux particuliers de souscrire à 50 ans, lorsqu'ils sont encore actifs, pour une durée de quinze ans, par exemple. Leur cotisation mensuelle sera un peu plus élevée, mais elle sera facilement absorbée, car ils sont encore en activité. Une fois à la retraite, ils restent assurés mais n'ont plus besoin de cotiser.
A. La.
© Le M
Des contrats complexes et difficiles à comparer
Des contrats complexes et difficiles à comparer
En cas de perte d'autonomie totale ou partielle, le souscripteur d'une assurance dépendance perçoit une rente jusqu'à son décès
HEIDI JACQUEMOUD
eux millions de personnes en France sont assurées contre le risque de dépendance, d'après la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA). Un quart d'entre elles sont couvertes par un contrat collectif, par exemple dans le cadre de leur entreprise. Les autres ont décidé de souscrire elles-mêmes une assurance dépendance.
Ces assurances fonctionnent à fonds perdus, comme l'assurance automobile. Si l'assuré ne devenait pas dépendant, il aurait cotisé " pour rien ", mais, de la même façon qu'un bon conducteur règle son assurance sans parfois jamais faire appel à ses services.
A l'inverse, si l'assuré devient dépendant, s'il ne peut plus réaliser seul les principaux actes de la vie quotidienne (s'habiller, se nourrir, se laver, se déplacer, etc.), l'assureur lui verse, jusqu'à la fin de ses jours, une rente non imposable dont le montant a été fixé lors de la souscription du contrat.
Mais contrairement à l'assurance automobile, l'assurance dépendance n'est pas obligatoire. Libre à chacun de décider, en fonction de ses prévisions de revenus à la retraite et du coût des établissements spécialisés, de l'opportunité de s'assurer. L'écart éventuel entre les revenus (retraite, allocations, revenus de l'épargne, etc.) et les besoins peut servir de référence pour calculer la rente nécessaire en cas de dépendance. A noter, les couples souscrivant ensemble une assurance dépendance bénéficient généralement d'une réduction sur le montant de la cotisation.
Dépendance partielle
Le niveau de cette rente, associé à l'âge du souscripteur et à son état de santé, détermine alors le montant de la cotisation. Plus l'assuré est jeune et en bonne santé, moins il paie cher. Ainsi, une personne de 60 ans va débourser 21,90 euros par mois pour percevoir une rente mensuelle de 500 euros en cas de dépendance totale chez Predica, ou 42 euros avec l'option dépendance partielle.
Certains contrats proposent, en effet, de s'assurer contre le risque de dépendance partielle. Le souscripteur est alors assuré de percevoir la moitié de sa rente s'il perd en partie son autonomie. Cette notion, comme celle de dépendance totale, doit bien sûr être validée par les services médicaux de l'assureur en fonction, par exemple, de la grille d'évaluation GIR (groupes iso-ressource).
" Les besoins de la personne et le coût engendré par la perte d'autonomie sont parfois presque aussi lourds en cas de dépendance partielle qu'en cas de dépendance totale, confie Karine d'Auzac de Lamartinie, responsable prévoyance des particuliers et des professionnels chez Predica (Crédit agricole Assurances). Il faut souvent adapter son logement, recourir à une aide à domicile, etc. C'est pourquoi nous proposons aussi à nos assurés de couvrir ce risque. "
En revanche, AG2R La Mondiale a choisi d'assurer uniquement le risque de dépendance totale. " Le risque de dépendance partielle est conditionné par une multitude de facteurs qu'il est difficile d'appréhender, explique Jean-François Ropelewski, directeur du marketing du groupe. Mais nous proposons en option de notre contrat Safir Plus Autonomie un capital de 3 000 à 30 000 euros en cas de dépendance partielle."
De nombreux contrats incluent donc un capital permettant à la personne dépendante d'équiper son logement. Ainsi, une personne de 65 ans souhaitant percevoir une rente de 500 euros par mois ainsi qu'un capital de 3 000 euros en cas de dépendance totale doit verser une cotisation mensuelle de 41,21 euros (ou 32,91 euros sans capital).
La plupart des contrats d'assurance dépendance donnent accès à des services téléphoniques d'assistance, permettant, par exemple, de trouver une aide ménagère ou, plus généralement, de répondre à l'ensemble des questions de l'assuré. Attention, ces services sont souvent réservés aux assurés devenus dépendants. A noter également, les contrats dépendance font l'objet d'un délai de carence pendant lequel l'assuré n'est pas couvert s'il devient dépendant. Autrement dit, si l'assuré devient dépendant durant les premières années de cotisation (généralement trois ans), il n'est pas couvert. Heureusement, ce délai ne s'applique généralement pas si la dépendance survient de façon accidentelle. La panoplie des services proposés varie considérablement d'une compagnie d'assurances à l'autre, ce qui rend les comparaisons difficiles, en particulier pour la dépendance partielle.
L'idée d'un label permettant de certifier les contrats en fonction de la nature et de la qualité des prestations fait son chemin. C'est l'une des pistes actuellement étudiées par le gouvernement, qui semble décidé à avancer rapidement sur ce sujet.
Agnès Lambert
© Le Monde
En cas de perte d'autonomie totale ou partielle, le souscripteur d'une assurance dépendance perçoit une rente jusqu'à son décès
HEIDI JACQUEMOUD
eux millions de personnes en France sont assurées contre le risque de dépendance, d'après la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA). Un quart d'entre elles sont couvertes par un contrat collectif, par exemple dans le cadre de leur entreprise. Les autres ont décidé de souscrire elles-mêmes une assurance dépendance.
Ces assurances fonctionnent à fonds perdus, comme l'assurance automobile. Si l'assuré ne devenait pas dépendant, il aurait cotisé " pour rien ", mais, de la même façon qu'un bon conducteur règle son assurance sans parfois jamais faire appel à ses services.
A l'inverse, si l'assuré devient dépendant, s'il ne peut plus réaliser seul les principaux actes de la vie quotidienne (s'habiller, se nourrir, se laver, se déplacer, etc.), l'assureur lui verse, jusqu'à la fin de ses jours, une rente non imposable dont le montant a été fixé lors de la souscription du contrat.
Mais contrairement à l'assurance automobile, l'assurance dépendance n'est pas obligatoire. Libre à chacun de décider, en fonction de ses prévisions de revenus à la retraite et du coût des établissements spécialisés, de l'opportunité de s'assurer. L'écart éventuel entre les revenus (retraite, allocations, revenus de l'épargne, etc.) et les besoins peut servir de référence pour calculer la rente nécessaire en cas de dépendance. A noter, les couples souscrivant ensemble une assurance dépendance bénéficient généralement d'une réduction sur le montant de la cotisation.
Dépendance partielle
Le niveau de cette rente, associé à l'âge du souscripteur et à son état de santé, détermine alors le montant de la cotisation. Plus l'assuré est jeune et en bonne santé, moins il paie cher. Ainsi, une personne de 60 ans va débourser 21,90 euros par mois pour percevoir une rente mensuelle de 500 euros en cas de dépendance totale chez Predica, ou 42 euros avec l'option dépendance partielle.
Certains contrats proposent, en effet, de s'assurer contre le risque de dépendance partielle. Le souscripteur est alors assuré de percevoir la moitié de sa rente s'il perd en partie son autonomie. Cette notion, comme celle de dépendance totale, doit bien sûr être validée par les services médicaux de l'assureur en fonction, par exemple, de la grille d'évaluation GIR (groupes iso-ressource).
" Les besoins de la personne et le coût engendré par la perte d'autonomie sont parfois presque aussi lourds en cas de dépendance partielle qu'en cas de dépendance totale, confie Karine d'Auzac de Lamartinie, responsable prévoyance des particuliers et des professionnels chez Predica (Crédit agricole Assurances). Il faut souvent adapter son logement, recourir à une aide à domicile, etc. C'est pourquoi nous proposons aussi à nos assurés de couvrir ce risque. "
En revanche, AG2R La Mondiale a choisi d'assurer uniquement le risque de dépendance totale. " Le risque de dépendance partielle est conditionné par une multitude de facteurs qu'il est difficile d'appréhender, explique Jean-François Ropelewski, directeur du marketing du groupe. Mais nous proposons en option de notre contrat Safir Plus Autonomie un capital de 3 000 à 30 000 euros en cas de dépendance partielle."
De nombreux contrats incluent donc un capital permettant à la personne dépendante d'équiper son logement. Ainsi, une personne de 65 ans souhaitant percevoir une rente de 500 euros par mois ainsi qu'un capital de 3 000 euros en cas de dépendance totale doit verser une cotisation mensuelle de 41,21 euros (ou 32,91 euros sans capital).
La plupart des contrats d'assurance dépendance donnent accès à des services téléphoniques d'assistance, permettant, par exemple, de trouver une aide ménagère ou, plus généralement, de répondre à l'ensemble des questions de l'assuré. Attention, ces services sont souvent réservés aux assurés devenus dépendants. A noter également, les contrats dépendance font l'objet d'un délai de carence pendant lequel l'assuré n'est pas couvert s'il devient dépendant. Autrement dit, si l'assuré devient dépendant durant les premières années de cotisation (généralement trois ans), il n'est pas couvert. Heureusement, ce délai ne s'applique généralement pas si la dépendance survient de façon accidentelle. La panoplie des services proposés varie considérablement d'une compagnie d'assurances à l'autre, ce qui rend les comparaisons difficiles, en particulier pour la dépendance partielle.
L'idée d'un label permettant de certifier les contrats en fonction de la nature et de la qualité des prestations fait son chemin. C'est l'une des pistes actuellement étudiées par le gouvernement, qui semble décidé à avancer rapidement sur ce sujet.
Agnès Lambert
© Le Monde
Les acteurs de la filière n'ont pas tous la même définition de la dépendance
Les acteurs de la filière n'ont pas tous la même définition de la dépendance
Une classification existe, mais elle est imparfaite. Le gouvernement devrait bientôt légiférer
uand ma mère est devenue dépendante, nous avons réalisé que, selon les intervenants vers lesquels nous nous tournions, elle n'était pas traitée de la même façon ", raconte Jean, un retraité parisien. Services sociaux, aide départementale aux seniors, aide sociale de la mairie et compagnies d'assurances n'ont pas la même approche du problème. Comment l'expliquer ? En fait, il n'existe pas de définition commune permettant de caractériser l'état pathologique d'un individu.
" A l'heure actuelle, les assureurs, caisses de retraite et intervenants publics n'ont pas la même lecture de ce qu'est la dépendance, explique Jean-François Ropelewski, directeur marketing du groupe AG2R La Mondiale. Cela explique qu'une personne peut être considérée comme partiellement dépendante par l'aide sociale, mais pas par sa compagnie d'assurances. "
Pour mesurer la perte d'autonomie, l'outil le plus largement utilisé est la grille de l'Aggir (Autonomie, gérontologie, groupe iso-ressources), destinée à évaluer le degré de dépendance physique et psychique. Cette grille détermine six groupes iso-ressources (les GIR), dans lesquels les personnes sont classées après un examen réalisé par leur médecin traitant, puis confirmé par un professionnel en gérontologie travaillant pour les services sociaux.
Un individu classé en GIR 1 est gravement dépendant - tant physiquement que mentalement - et a besoin d'une aide quotidienne et d'une présence constante à ses côtés. Le GIR 2 concerne plutôt les personnes qui ne peuvent plus se déplacer, mais dont les fonctions mentales demeurent intactes, ou celles qui ont perdu leurs facultés mentales, mais peuvent se déplacer seules. Lorsqu'un individu appartient à l'une de ces deux catégories, il est considéré comme totalement dépendant.
Les groupes GIR 3 et GIR 4 rassemblent les personnes qui ont conservé l'intégralité de leur autonomie mentale, mais sont diminuées physiquement et ont besoin d'aide dans la vie courante. La plupart sont considérées comme partiellement dépendantes.
Enfin, ceux qui n'ont besoin que d'une aide ponctuelle dans leur vie quotidienne sont classés en GIR 5, et ceux qui n'ont pas perdu leur autonomie pour les actes essentiels de la vie courante appartiennent à la catégorie GIR 6.
Dans le domaine de la dépendance, la classification GIR est essentielle, car elle détermine si une personne peut bénéficier de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA), pour l'aider à financer le coût de sa dépendance. " Cette aide est versée uniquement aux personnes classées en GIR 1 à GIR 4. Son montant varie en fonction du niveau de dépendance et des revenus de l'assisté ", précise Jean-Fançois Ropelewski.
A cette classification de base s'en ajoute une autre, basée sur un certain nombre d'actes de la vie quotidienne (dite avec AVQ), souvent utilisée par les assureurs. Sont considérées comme totalement dépendantes les personnes qui ne peuvent effectuer seules au moins trois des quatre actes quotidiens de la vie ordinaire (se déplacer, s'habiller, se laver, se nourrir). " Cette définition a l'avantage d'être simple, et compréhensible par tous nos assurés, confie Hervé Bouclier, directeur général de la MACSF-Epargne retraite. Un simple examen médical est généralement suffisant. "
Pour affiner leur analyse, certains assureurs soumettent leurs assurés à leurs propres tests afin de déterminer leur degré de sénilité. Mais si la mesure de la perte totale d'autonomie fait plutôt consensus, il n'en est pas de même pour la perte partielle. " Il est beaucoup plus compliqué de définir ce qu'est la dépendance partielle, car les approches des acteurs du public et du privé sont très différentes ", confirme Hervé Bouclier. Des divergences existent parfois au sein même des services sociaux, selon les départements qui analysent les dossiers.
Bonne nouvelle, cependant : pour mettre tous les Français sur un pied d'égalité, le projet de loi sur l'autonomie - attendu depuis deux ans et annoncé pour 2010 - devrait instaurer une norme commune pour tous les intervenants du secteur.
Marie Pellefigue
© Le Monde
Une classification existe, mais elle est imparfaite. Le gouvernement devrait bientôt légiférer
uand ma mère est devenue dépendante, nous avons réalisé que, selon les intervenants vers lesquels nous nous tournions, elle n'était pas traitée de la même façon ", raconte Jean, un retraité parisien. Services sociaux, aide départementale aux seniors, aide sociale de la mairie et compagnies d'assurances n'ont pas la même approche du problème. Comment l'expliquer ? En fait, il n'existe pas de définition commune permettant de caractériser l'état pathologique d'un individu.
" A l'heure actuelle, les assureurs, caisses de retraite et intervenants publics n'ont pas la même lecture de ce qu'est la dépendance, explique Jean-François Ropelewski, directeur marketing du groupe AG2R La Mondiale. Cela explique qu'une personne peut être considérée comme partiellement dépendante par l'aide sociale, mais pas par sa compagnie d'assurances. "
Pour mesurer la perte d'autonomie, l'outil le plus largement utilisé est la grille de l'Aggir (Autonomie, gérontologie, groupe iso-ressources), destinée à évaluer le degré de dépendance physique et psychique. Cette grille détermine six groupes iso-ressources (les GIR), dans lesquels les personnes sont classées après un examen réalisé par leur médecin traitant, puis confirmé par un professionnel en gérontologie travaillant pour les services sociaux.
Un individu classé en GIR 1 est gravement dépendant - tant physiquement que mentalement - et a besoin d'une aide quotidienne et d'une présence constante à ses côtés. Le GIR 2 concerne plutôt les personnes qui ne peuvent plus se déplacer, mais dont les fonctions mentales demeurent intactes, ou celles qui ont perdu leurs facultés mentales, mais peuvent se déplacer seules. Lorsqu'un individu appartient à l'une de ces deux catégories, il est considéré comme totalement dépendant.
Les groupes GIR 3 et GIR 4 rassemblent les personnes qui ont conservé l'intégralité de leur autonomie mentale, mais sont diminuées physiquement et ont besoin d'aide dans la vie courante. La plupart sont considérées comme partiellement dépendantes.
Enfin, ceux qui n'ont besoin que d'une aide ponctuelle dans leur vie quotidienne sont classés en GIR 5, et ceux qui n'ont pas perdu leur autonomie pour les actes essentiels de la vie courante appartiennent à la catégorie GIR 6.
Dans le domaine de la dépendance, la classification GIR est essentielle, car elle détermine si une personne peut bénéficier de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA), pour l'aider à financer le coût de sa dépendance. " Cette aide est versée uniquement aux personnes classées en GIR 1 à GIR 4. Son montant varie en fonction du niveau de dépendance et des revenus de l'assisté ", précise Jean-Fançois Ropelewski.
A cette classification de base s'en ajoute une autre, basée sur un certain nombre d'actes de la vie quotidienne (dite avec AVQ), souvent utilisée par les assureurs. Sont considérées comme totalement dépendantes les personnes qui ne peuvent effectuer seules au moins trois des quatre actes quotidiens de la vie ordinaire (se déplacer, s'habiller, se laver, se nourrir). " Cette définition a l'avantage d'être simple, et compréhensible par tous nos assurés, confie Hervé Bouclier, directeur général de la MACSF-Epargne retraite. Un simple examen médical est généralement suffisant. "
Pour affiner leur analyse, certains assureurs soumettent leurs assurés à leurs propres tests afin de déterminer leur degré de sénilité. Mais si la mesure de la perte totale d'autonomie fait plutôt consensus, il n'en est pas de même pour la perte partielle. " Il est beaucoup plus compliqué de définir ce qu'est la dépendance partielle, car les approches des acteurs du public et du privé sont très différentes ", confirme Hervé Bouclier. Des divergences existent parfois au sein même des services sociaux, selon les départements qui analysent les dossiers.
Bonne nouvelle, cependant : pour mettre tous les Français sur un pied d'égalité, le projet de loi sur l'autonomie - attendu depuis deux ans et annoncé pour 2010 - devrait instaurer une norme commune pour tous les intervenants du secteur.
Marie Pellefigue
© Le Monde
Trois questions à... Xavier Darcos
Trois questions à... Xavier Darcos
Xavier Darcos, vous êtes ministre du travail. L'instauration d'un nouveau système de protection contre la perte d'autonomie est-elle une nécessité ?
Oui, à plusieurs titres. Le nombre de personnes de plus de 85 ans va passer de 1 à 2 millions en France entre 2005 et 2015. Ce serait irresponsable de ne rien faire. C'est dès maintenant qu'il faut agir.
Comment financer le coût de la dépendance ? Il nous faudra trouver de nouveaux dispositifs pour permettre aux personnes dépendantes - si elles le désirent - de rester chez elles en étant accompagnée ou d'être hébergées en institution spécialisée. L'aspect financier est essentiel : la retraite moyenne d'une personne de 80 ans est d'environ 1 100 euros par mois, alors que le coût moyen de l'accueil dans une maison de retraite revient à 1 600 euros.
Quel rôle doit jouer la solidarité nationale ?
Nous devons maintenir des financements publics, qui ne sont pas négligeables. Environ 14 milliards d'euros sont consacrés chaque année à la dépendance.
Mais cette solidarité nationale ne suffira pas. Il faut inventer de nouveaux dispositifs et trouver un équilibre entre les financements publics, la solidarité familiale et la prévoyance individuelle et collective. On pourrait aussi faire jouer la solidarité familiale au travers d'une contribution limitée sur le patrimoine transmis aux enfants.
Pourra-t-on bientôt s'assurer individuellement ?
Avec Nora Berra, la secrétaire d'Etat aux aînés, nous voulons ouvrir en 2010 un large débat sur le vieillissement et la dépendance. Nous examinerons toutes les solutions. S'assurer, pourquoi pas ? Par définition, un risque peut et doit se prévenir.
On sait à quel âge survient la dépendance et sa durée approximative. On peut donc en estimer son coût et étaler son financement sur l'ensemble d'une vie, au moins en partie. Déjà 2 millions de personnes ont souscrit une assurance-dépendance. Il faut encourager ce mouvement, notamment dans le cadre collectif où l'entreprise participerait au financement, comme pour les complémentaires santé.
Mais rien n'est encore arrêté. De toute façon, l'Etat devra jouer son rôle de régulateur en labellisant les contrats pour éviter les abus. Il faudra aussi faire émerger de nouveaux métiers, notamment en validant les acquis de l'expérience.
Propos recueillis par P. Lg
Xavier Darcos, vous êtes ministre du travail. L'instauration d'un nouveau système de protection contre la perte d'autonomie est-elle une nécessité ?
Oui, à plusieurs titres. Le nombre de personnes de plus de 85 ans va passer de 1 à 2 millions en France entre 2005 et 2015. Ce serait irresponsable de ne rien faire. C'est dès maintenant qu'il faut agir.
Comment financer le coût de la dépendance ? Il nous faudra trouver de nouveaux dispositifs pour permettre aux personnes dépendantes - si elles le désirent - de rester chez elles en étant accompagnée ou d'être hébergées en institution spécialisée. L'aspect financier est essentiel : la retraite moyenne d'une personne de 80 ans est d'environ 1 100 euros par mois, alors que le coût moyen de l'accueil dans une maison de retraite revient à 1 600 euros.
Quel rôle doit jouer la solidarité nationale ?
Nous devons maintenir des financements publics, qui ne sont pas négligeables. Environ 14 milliards d'euros sont consacrés chaque année à la dépendance.
Mais cette solidarité nationale ne suffira pas. Il faut inventer de nouveaux dispositifs et trouver un équilibre entre les financements publics, la solidarité familiale et la prévoyance individuelle et collective. On pourrait aussi faire jouer la solidarité familiale au travers d'une contribution limitée sur le patrimoine transmis aux enfants.
Pourra-t-on bientôt s'assurer individuellement ?
Avec Nora Berra, la secrétaire d'Etat aux aînés, nous voulons ouvrir en 2010 un large débat sur le vieillissement et la dépendance. Nous examinerons toutes les solutions. S'assurer, pourquoi pas ? Par définition, un risque peut et doit se prévenir.
On sait à quel âge survient la dépendance et sa durée approximative. On peut donc en estimer son coût et étaler son financement sur l'ensemble d'une vie, au moins en partie. Déjà 2 millions de personnes ont souscrit une assurance-dépendance. Il faut encourager ce mouvement, notamment dans le cadre collectif où l'entreprise participerait au financement, comme pour les complémentaires santé.
Mais rien n'est encore arrêté. De toute façon, l'Etat devra jouer son rôle de régulateur en labellisant les contrats pour éviter les abus. Il faudra aussi faire émerger de nouveaux métiers, notamment en validant les acquis de l'expérience.
Propos recueillis par P. Lg
Le besoin d'informations demeure la priorité
Le besoin d'informations demeure la priorité
Notre enquête révèle que les Français, loin de jouer les autruches, se sentent concernés par le problème de la perte d'autonomie
e premier baromètre de la dépendance a été mis en place en 2008. En 2009, il s'est enrichi d'autres questions, tout en respectant la même méthode afin de pouvoir effectuer des comparaisons.
Qu'est-ce qui a changé dans la perception qu'ont nos concitoyens de la dépendance ? L'entreprise a-t-elle un rôle à jouer ?
Les Français s'estiment peu ou pas assez informés, et sont devenus plus exigeants qu'en 2008. Comme l'illustre ce choix de réponses aux questions du " baromètre France Info-Le Monde- Ocirp "
. Si un de vos proches devenait dépendant, estimeriez-vous, aujourd'hui, être suffisamment informé sur les conséquences de cette situation ?
Plus de la moitié des Français répondent non, alors qu'ils n'étaient que 45,4 % en 2008.
Nos concitoyens exigent donc plus d'informations et une communication plus précise
Connaissez-vous le coût mensuel moyen dépensé par une personne dépendante ?
64 % des personnes interrogées répondent non, et seulement 36 % par l'affirmative.
Quel est le coût de la dépendance ?
Plus de la moitié des Français sous estiment le coût de la dépendance, qu'ils situent entre 1 000 et 1 999 euros, alors qu'il est en moyenne de 2 000 euros.
Comment les personnes en situation de dépendance doivent-elles être aidées ?
Plus de 80 % des répondants estimaient en 2008 que la solution à privilégier restait le maintien à domicile. Cette année, cette proportion est moins importante (un peu plus de 70 %).
Pensez-vous qu'il est possible que les personnes dépendantes soient aidées au quotidien par leur famille ?
Le oui se détache à 72,4 %.
Pensez-vous que les personnes dépendantes doivent être aidées financièrement ?
Les Français interrogés répondent oui à 88,9 % en 2009, contre 86 % en 2008.
Pensez-vous que les personnes dépendantes doivent être aidées dans la vie de tous les jours ?
En 2009, comme en 2008, les Français sont conscients que les personnes dépendantes doivent être aidées dans leur vie de tous les jours (95,5 % contre 94,4 %).
Quel est le temps moyen quotidien nécessaire pour s'occuper d'une personne dépendante à son domicile ?
Seuls 28 % des sondés estiment que ce temps est compris entre cinq et dix heures. Les autres sont loin de la réalité puisque, selon une étude récente, le temps moyen nécessaire pour s'occuper d'une personne dépendante à domicile est de cinq heures trente.
Si vous aviez une personne adulte proche (parents, fratrie, enfants) en situation de dépendance, comment pourrait-elle être aidée ?
Entre 2008 et 2009, et en ce qui concerne les proches, la proportion des Français qui souhaitent favoriser " le maintien à domicile " reste très majoritaire, mais a sensiblement baissé (78,8 % en 2008 et 64,4 % en 2009)
Selon vous, quel est le temps moyen que votre famille pourrait consacrer à cette personne dépendante ?
En 2009 par rapport à 2008, plus de Français peuvent consacrer entre une heure et quatre heures quarante-neuf par jour, mais moins semblent consacrer plus de cinq heures.
En cas de perte d'autonomie d'un proche, et dans le cadre d'une recherche d'aide payante ou bénévole, la crise va-t-elle modifier vos comportements ?
60,8 % des personnes interrogées affirment que la crise économique va effectivement modifier leur comportement dans la recherche d'une aide pour un proche.
Questions à des DRH ou organisation syndicale de salariés : Pensez-vous que " vos salariés " seraient favorables à la mise en place d'un contrat collectif sur le risque dépendance ?
60 % des DRH répondent par l'affirmative, tout comme 50 % des organisations syndicales de salariés.
En tant que DRH ou organisation syndicale de salariés, pensez-vous que la dépendance doit trouver une réponse collective ou individuelle ?
68,1 % des DRH interrogés pensent que la dépendance doit trouver une réponse collective, contre seulement 44,7 % pour les organisations syndicales.
P. Lg
© Le Monde
Notre enquête révèle que les Français, loin de jouer les autruches, se sentent concernés par le problème de la perte d'autonomie
e premier baromètre de la dépendance a été mis en place en 2008. En 2009, il s'est enrichi d'autres questions, tout en respectant la même méthode afin de pouvoir effectuer des comparaisons.
Qu'est-ce qui a changé dans la perception qu'ont nos concitoyens de la dépendance ? L'entreprise a-t-elle un rôle à jouer ?
Les Français s'estiment peu ou pas assez informés, et sont devenus plus exigeants qu'en 2008. Comme l'illustre ce choix de réponses aux questions du " baromètre France Info-Le Monde- Ocirp "
. Si un de vos proches devenait dépendant, estimeriez-vous, aujourd'hui, être suffisamment informé sur les conséquences de cette situation ?
Plus de la moitié des Français répondent non, alors qu'ils n'étaient que 45,4 % en 2008.
Nos concitoyens exigent donc plus d'informations et une communication plus précise
Connaissez-vous le coût mensuel moyen dépensé par une personne dépendante ?
64 % des personnes interrogées répondent non, et seulement 36 % par l'affirmative.
Quel est le coût de la dépendance ?
Plus de la moitié des Français sous estiment le coût de la dépendance, qu'ils situent entre 1 000 et 1 999 euros, alors qu'il est en moyenne de 2 000 euros.
Comment les personnes en situation de dépendance doivent-elles être aidées ?
Plus de 80 % des répondants estimaient en 2008 que la solution à privilégier restait le maintien à domicile. Cette année, cette proportion est moins importante (un peu plus de 70 %).
Pensez-vous qu'il est possible que les personnes dépendantes soient aidées au quotidien par leur famille ?
Le oui se détache à 72,4 %.
Pensez-vous que les personnes dépendantes doivent être aidées financièrement ?
Les Français interrogés répondent oui à 88,9 % en 2009, contre 86 % en 2008.
Pensez-vous que les personnes dépendantes doivent être aidées dans la vie de tous les jours ?
En 2009, comme en 2008, les Français sont conscients que les personnes dépendantes doivent être aidées dans leur vie de tous les jours (95,5 % contre 94,4 %).
Quel est le temps moyen quotidien nécessaire pour s'occuper d'une personne dépendante à son domicile ?
Seuls 28 % des sondés estiment que ce temps est compris entre cinq et dix heures. Les autres sont loin de la réalité puisque, selon une étude récente, le temps moyen nécessaire pour s'occuper d'une personne dépendante à domicile est de cinq heures trente.
Si vous aviez une personne adulte proche (parents, fratrie, enfants) en situation de dépendance, comment pourrait-elle être aidée ?
Entre 2008 et 2009, et en ce qui concerne les proches, la proportion des Français qui souhaitent favoriser " le maintien à domicile " reste très majoritaire, mais a sensiblement baissé (78,8 % en 2008 et 64,4 % en 2009)
Selon vous, quel est le temps moyen que votre famille pourrait consacrer à cette personne dépendante ?
En 2009 par rapport à 2008, plus de Français peuvent consacrer entre une heure et quatre heures quarante-neuf par jour, mais moins semblent consacrer plus de cinq heures.
En cas de perte d'autonomie d'un proche, et dans le cadre d'une recherche d'aide payante ou bénévole, la crise va-t-elle modifier vos comportements ?
60,8 % des personnes interrogées affirment que la crise économique va effectivement modifier leur comportement dans la recherche d'une aide pour un proche.
Questions à des DRH ou organisation syndicale de salariés : Pensez-vous que " vos salariés " seraient favorables à la mise en place d'un contrat collectif sur le risque dépendance ?
60 % des DRH répondent par l'affirmative, tout comme 50 % des organisations syndicales de salariés.
En tant que DRH ou organisation syndicale de salariés, pensez-vous que la dépendance doit trouver une réponse collective ou individuelle ?
68,1 % des DRH interrogés pensent que la dépendance doit trouver une réponse collective, contre seulement 44,7 % pour les organisations syndicales.
P. Lg
© Le Monde
Les Français face au défi de la dépendance
Les Français face au défi de la dépendance
Un million de personnes pourraient se retrouver en situation de perte d'autonomie dans dix ans. Des solutions existent pour couvrir ce risque
n 2015, deux millions de personnes auront plus de 85 ans. Certaines d'entre elles verront leur autonomie décroître au fil des ans et ne pourront plus assumer les gestes simples de la vie quotidienne comme s'habiller, se nourrir et se déplacer.
Qu'avons-nous fait et que reste-il à accomplir pour accompagner nos aînés ? Nous n'avons que trop longtemps fermés les yeux un peu par pudeur, beaucoup par inconscience devant les conséquences d'une plus grande longévité. Que devient le projet de Nicolas Sarkozy de créer un " cinquième risque " ? La crise a remisé dans les cartons ces projets ambitieux. Espérons que ce choix ne sera que momentané.
Certes, il y a eu quelques mesures mais il s'agit plus de rénovations partielles que de véritables constructions, car nous ne savons toujours pas aujourd'hui ce que seront l'architecture et le financement de la " dépendance ".
Des outils existent, mais sont-ils vraiment adaptés à la situation ? Créée en 2001, l'aide personnalisée à l'autonomie (APA) est versée à plus d'un million de personnes, mais paradoxalement elle ne répond pas à ceux qui en ont le plus besoin, les plus dépendants.
Des organismes dédiés ont été mis en place comme la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA). Mais travaillent-ils main dans la main avec les conseils généraux ? Sont-ils des facilitateurs ou une couche supplémentaire " du mille-feuille décisionnel " dont notre pays a le secret ?
Le " plan Alzheimer " qui prévoit 1,6 milliard d'euros de dépenses publiques sur cinq ans, la création des agences régionales de santé, la prise en compte de la formation du personnel, tout cela va dans le bon sens, mais ce ne sont que les membres d'un squelette auquel manquerait la colonne vertébrale. Nous ne pouvons ignorer que les dépenses liées à la dépendance (1,4 % du PIB) vont en Europe doubler d'ici à 2060 !
Le président de la République annonçait en mai que " la question de la création d'un cinquième risque lié à la dépendance serait l'un des grands chantiers de l'année 2010 ". Grand chantier, grande ambition ? Nous l'espérons.
Cinquième risque
France Info et Le Monde, aux côtés de l'Ocirp, qui regroupe trente-neuf institutions de prévoyance, ont fait de la mise en place du cinquième risque une priorité au point d'y consacrer une journée spéciale, une édition dédiée et la mise en place d'un baromètre depuis 2008.
Des actes de colloques, issus de ces journées spéciales, se veulent des contributions à la réflexion collective. Jeudi 3 décembre, dans les studios de Radio France à l'occasion de la deuxième journée de la dépendance, Le Monde et France Info ont interrogé le ministre Xavier Darcos, et la secrétaire d'Etat Nora Berra, écouté et questionné les spécialistes, sociologues, économistes, spécialistes de l'action sociale.
De cette journée d'échange entre experts et responsables politiques, il a été tiré par les institutions de prévoyance membre de l'Ocirp, des propositions remises en main propre aux responsables politiques concernés et portées à la connaissance du président de la République. Jean Manuel Kupiec, directeur général adjoint de l'Ocirp, s'est porté garant de la synthèse. L'avenir dira si ces propositions seront suivies d'effets ou si nous laisserons les générations futures prendre la mesure du défi.
Par Patrick Lelong
Un million de personnes pourraient se retrouver en situation de perte d'autonomie dans dix ans. Des solutions existent pour couvrir ce risque
n 2015, deux millions de personnes auront plus de 85 ans. Certaines d'entre elles verront leur autonomie décroître au fil des ans et ne pourront plus assumer les gestes simples de la vie quotidienne comme s'habiller, se nourrir et se déplacer.
Qu'avons-nous fait et que reste-il à accomplir pour accompagner nos aînés ? Nous n'avons que trop longtemps fermés les yeux un peu par pudeur, beaucoup par inconscience devant les conséquences d'une plus grande longévité. Que devient le projet de Nicolas Sarkozy de créer un " cinquième risque " ? La crise a remisé dans les cartons ces projets ambitieux. Espérons que ce choix ne sera que momentané.
Certes, il y a eu quelques mesures mais il s'agit plus de rénovations partielles que de véritables constructions, car nous ne savons toujours pas aujourd'hui ce que seront l'architecture et le financement de la " dépendance ".
Des outils existent, mais sont-ils vraiment adaptés à la situation ? Créée en 2001, l'aide personnalisée à l'autonomie (APA) est versée à plus d'un million de personnes, mais paradoxalement elle ne répond pas à ceux qui en ont le plus besoin, les plus dépendants.
Des organismes dédiés ont été mis en place comme la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA). Mais travaillent-ils main dans la main avec les conseils généraux ? Sont-ils des facilitateurs ou une couche supplémentaire " du mille-feuille décisionnel " dont notre pays a le secret ?
Le " plan Alzheimer " qui prévoit 1,6 milliard d'euros de dépenses publiques sur cinq ans, la création des agences régionales de santé, la prise en compte de la formation du personnel, tout cela va dans le bon sens, mais ce ne sont que les membres d'un squelette auquel manquerait la colonne vertébrale. Nous ne pouvons ignorer que les dépenses liées à la dépendance (1,4 % du PIB) vont en Europe doubler d'ici à 2060 !
Le président de la République annonçait en mai que " la question de la création d'un cinquième risque lié à la dépendance serait l'un des grands chantiers de l'année 2010 ". Grand chantier, grande ambition ? Nous l'espérons.
Cinquième risque
France Info et Le Monde, aux côtés de l'Ocirp, qui regroupe trente-neuf institutions de prévoyance, ont fait de la mise en place du cinquième risque une priorité au point d'y consacrer une journée spéciale, une édition dédiée et la mise en place d'un baromètre depuis 2008.
Des actes de colloques, issus de ces journées spéciales, se veulent des contributions à la réflexion collective. Jeudi 3 décembre, dans les studios de Radio France à l'occasion de la deuxième journée de la dépendance, Le Monde et France Info ont interrogé le ministre Xavier Darcos, et la secrétaire d'Etat Nora Berra, écouté et questionné les spécialistes, sociologues, économistes, spécialistes de l'action sociale.
De cette journée d'échange entre experts et responsables politiques, il a été tiré par les institutions de prévoyance membre de l'Ocirp, des propositions remises en main propre aux responsables politiques concernés et portées à la connaissance du président de la République. Jean Manuel Kupiec, directeur général adjoint de l'Ocirp, s'est porté garant de la synthèse. L'avenir dira si ces propositions seront suivies d'effets ou si nous laisserons les générations futures prendre la mesure du défi.
Par Patrick Lelong
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