Trois questions à... Xavier Darcos
Xavier Darcos, vous êtes ministre du travail. L'instauration d'un nouveau système de protection contre la perte d'autonomie est-elle une nécessité ?
Oui, à plusieurs titres. Le nombre de personnes de plus de 85 ans va passer de 1 à 2 millions en France entre 2005 et 2015. Ce serait irresponsable de ne rien faire. C'est dès maintenant qu'il faut agir.
Comment financer le coût de la dépendance ? Il nous faudra trouver de nouveaux dispositifs pour permettre aux personnes dépendantes - si elles le désirent - de rester chez elles en étant accompagnée ou d'être hébergées en institution spécialisée. L'aspect financier est essentiel : la retraite moyenne d'une personne de 80 ans est d'environ 1 100 euros par mois, alors que le coût moyen de l'accueil dans une maison de retraite revient à 1 600 euros.
Quel rôle doit jouer la solidarité nationale ?
Nous devons maintenir des financements publics, qui ne sont pas négligeables. Environ 14 milliards d'euros sont consacrés chaque année à la dépendance.
Mais cette solidarité nationale ne suffira pas. Il faut inventer de nouveaux dispositifs et trouver un équilibre entre les financements publics, la solidarité familiale et la prévoyance individuelle et collective. On pourrait aussi faire jouer la solidarité familiale au travers d'une contribution limitée sur le patrimoine transmis aux enfants.
Pourra-t-on bientôt s'assurer individuellement ?
Avec Nora Berra, la secrétaire d'Etat aux aînés, nous voulons ouvrir en 2010 un large débat sur le vieillissement et la dépendance. Nous examinerons toutes les solutions. S'assurer, pourquoi pas ? Par définition, un risque peut et doit se prévenir.
On sait à quel âge survient la dépendance et sa durée approximative. On peut donc en estimer son coût et étaler son financement sur l'ensemble d'une vie, au moins en partie. Déjà 2 millions de personnes ont souscrit une assurance-dépendance. Il faut encourager ce mouvement, notamment dans le cadre collectif où l'entreprise participerait au financement, comme pour les complémentaires santé.
Mais rien n'est encore arrêté. De toute façon, l'Etat devra jouer son rôle de régulateur en labellisant les contrats pour éviter les abus. Il faudra aussi faire émerger de nouveaux métiers, notamment en validant les acquis de l'expérience.
Propos recueillis par P. Lg
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