mardi 12 janvier 2010

Peut-on se passer d'une assurance ?

Peut-on se passer d'une assurance ?
Le coût d'une couverture est élevé, mais elle se révèle souvent indispensable





erdre son autonomie est un drame humain, mais peut aussi devenir une tragédie financière. Les dépenses que la perte d'autonomie engendre peuvent largement dépasser les revenus d'un retraité. " Entre l'aménagement du logement, l'emploi d'aides à domicile, voire l'hébergement en établissement spécialisé, le coût moyen estimé d'une perte complète d'autonomie s'élève de 2 500 à 3 500 euros par mois ", éclaire le docteur Edouard Bidou, directeur de l'innovation au Groupe Prévoir.

Selon l'importance de l'aide fournie par l'environnement familial, le type de soins prodigués, la zone de résidence et, en cas d'hébergement complet, le standing de l'établissement, la facture varie de quelques centaines d'euros jusqu'à 5 000 euros par mois. Dans une étude de l'inspection générale des affaires sociales rendue publique en octobre, le reste à charge des personnes hébergées en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) est évalué à 2 200 euros par mois, en tenant compte de l'ensemble des frais mais aussi de toutes les aides. Un montant de 1 500 euros est jugé " incompressible ".

Risque théorique

L'état de dépendance étant susceptible de durer plusieurs années - 4 à 5 ans en moyenne -, la facture finale peut s'envoler et toute personne ne disposant pas d'un minimum de 100 000 euros est théoriquement en risque !

Pour ceux qui disposent d'un patrimoine important, susceptible d'absorber une telle dépense, ou de revenus de retraite suffisants, ce n'est pas un vrai souci. D'autant que " le risque n'est pas une fatalité, selon Dominique Chevillon, directeur de l'épargne chez MAAF, on estime que 20 % d'une génération âgée de 65 ans deviendra lourdement dépendante, mais à 75 ans, seulement 4 à 5 % des personnes ont perdu leur autonomie et ce n'est qu'après 90 ans que la proportion monte à 25 % ". Ce qui laisse 80 % de chances de vieillir en bonne santé, ou avec une perte d'autonomie limitée. Dans ce cas, l'assurance n'est pas indispensable, sauf à vouloir mettre le patrimoine à l'abri de ces dépenses, en privilégiant des produits à dominante d'épargne.

Le vrai problème financier se pose pour les personnes trop riches pour compter intégralement sur les aides sociales, mais pas assez pour se reposer sur leurs économies. L'allocation personnalisée d'autonomie (APA) est en effet versée à chaque personne dépendante, mais le montant est plafonné à 1 224 euros pour les cas graves.

Les montants étant insuffisants pour couvrir la totalité des dépenses, l'assurance représente alors un renfort très efficace puisque ses prestations s'ajoutent à celles des organismes sociaux. Elle permet de disposer de moyens supplémentaires sans peser sur l'entourage, ou de ne pas entamer un patrimoine destiné à des héritiers. Le coût n'est pas anodin, mais, au regard du risque encouru, il est raisonnable, surtout si le contrat est souscrit avant 60 ans. " Mais attention, prévient Anne de Vivie, du site d'information Agevillage.com, les outils d'évaluation des assureurs ne sont pas forcément les mêmes que ceux des organismes sociaux, et une personne reconnue dépendante peut se voir refuser le versement de la rente par l'assureur, si elle n'est pas en état d'extrême perte d'autonomie. "

Que ce soit par le biais des contrats individuels, des complémentaires santé ou des couvertures d'entreprises, trois millions de personnes sont couvertes en France, selon la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA). Jérôme Cornu, son directeur des études, estime que " 10 millions de Français auraient intérêt à se protéger ". Les rentes déjà servies par des compagnies aux personnes dépendantes (15 000 environ) s'élèvent en moyenne à 550 euros par mois. p

E. L.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire