Comment choisir le bon établissement
ne fois la décision prise de placer un proche dans une maison de retraite, il faut s'atteler sans tarder à la recherche d'un établissement. " Il faut se donner du temps. Le pire est de se retrouver au pied du mur et de chercher dans l'urgence un point de chute. Ce scénario est fréquent lorsque l'hôpital vous annonce ne plus pouvoir garder votre parent ", prévient Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Syndicat national des établissements et résidences privées pour personnes âgées (Synerpa).
Cette phase de recherche est cruciale. Ce laps de temps doit être mis à profit pour sélectionner la maison la mieux adaptée aux besoins médicaux et au confort de la personne âgée. " Pour trouver la "bonne adresse", il faudrait idéalement disposer de six à huit mois. Cette période est utile pour effectuer des visites, comparer, et aussi pour maîtriser les circuits complexes de financement ", ajoute Mme Arnaiz-Maumé. Mieux vaut toujours postuler dans plusieurs maisons de retraite, car dans certains secteurs, la demande excède l'offre et il existe des listes d'attente.
Le premier critère de choix est financier. Les structures privées proposent des tarifs de 20 à 30 % plus chers que ceux des établissements publics ou gérés par le monde associatif. Outre l'aspect financier, le critère géographique est important. Pas la peine de fonder tous ses espoirs sur une admission dans la maison de retraite en face de chez soi ! L'endroit le plus proche n'est pas forcément le meilleur, ni même le plus adapté. Pour se donner plus de chances de trouver, la zone de prospection doit être assez large, sans pour autant être trop éloignée du domicile des proches susceptibles d'effectuer des visites.
Certaines structures sont spécialisées dans l'accueil de personnes handicapées, non valides ou atteintes de maladie d'Alzheimer. " Il est important de connaître ces spécificités pour anticiper le déroulement des événements. C'est le cas, par exemple, lorsque la personne placée ne présente qu'un début de maladie d'Alzheimer ", explique Rose-Marie Van Lerberghe, présidente du directoire de Korian.
Pour se faire une idée sur la politique de l'établissement, il est nécessaire d'obtenir un premier rendez-vous avec son directeur. Outre une visite complète des lieux, le déroulé d'une journée type est aussi instructif. Ne pas hésiter à demander le projet médical et de vie de l'établissement, sans oublier le contrat de séjour, le règlement intérieur et la grille tarifaire.
Autre information à connaître : le nombre de personnes hébergées. Les plus petites unités comptent de 15 à 40 lits ; les plus grandes autour de 250. Pour mémoire, la taille moyenne en France tourne autour de 70. Un conseil : mieux vaut éviter les établissements de trop petits, car ils disposent de moyens limités pour investir, former ou recruter du personnel.
A l'opposé, les trop grandes structures ne sont pas non plus la panacée. Elles sont parfois critiquées pour leur côté " usine " et " désincarné ". Mieux vaut essayer de trouver le bon compromis. " Il faut cibler une taille critique d'établissement afin qu'il génère des économies d'échelle et assure une gestion de qualité ", ajoute Michaël Carré, directeur de Medialis.
Est-il possible de meubler la chambre ? De séjourner avec son animal de compagnie ou de suivre un régime alimentaire spécifique ? Voici d'autres réponses à obtenir qui en diront long sur la façon dont la personne âgée pourra s'intégrer à ce nouvel environnement et se sentir un peu " comme chez elle ". Derniers points à ne pas sous-estimer : s'informer sur le type d'animations proposées (ateliers mémoire, ergothérapie, psychomotricité, etc.), ainsi que le nombre de personnes prévues pour s'occuper de chaque résident tout au long de la journée (et de la nuit). " Autant d'informations à faire partager à la personne âgée pour l'aider à s'installer et à vivre dans les meilleures conditions ", insiste Mme Van Lerberghe.
Laurence Boccara
© Le Monde
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